4. Nos questions sur : PROGRÈS (questions communes)
1. Que signifie « progresser » si l’on raisonne à partir de cette œuvre ?
Progresser signifie devenir plus actif : comprendre ce qui nous détermine pour accroître notre puissance réelle d’agir.
Ce n'est pas atteindre un idéal extérieur prédéfini, mais passer d'une condition soumise aux causes extérieures et aux passions à un mode d'existence où nous comprenons ce qui nous affecte et sommes cause de nos choix.
2. Quels critères permettent de distinguer un progrès réel d’une simple évolution, transformation ou nouveauté ?
Une nouveauté est un progrès si elle accroît notre puissance active et notre compréhension réelle.
Spinoza invite à regarder les effets : comprenons-nous mieux les causes ? Sommes-nous moins dépendants ? Nos coopérations sont-elles plus rationnelles ? La nouveauté technique ou matérielle ne suffit jamais à attester d'un progrès.
3. Une augmentation de puissance, d’efficacité ou de connaissance constitue-t-elle nécessairement un progrès ?
Non. Il faut distinguer la puissance d'agir spinoziste des indicateurs de performance modernes.
L'accroissement de la vitesse, des moyens ou du volume de données peut coexister avec une dépendance accrue ou des idées confuses. Seul le gain d'autonomie et de compréhension causale relève de la puissance véritable.
4. Comment cette philosophie permet-elle d’articuler progrès individuel et progrès collectif ?
Plus les hommes vivent selon la raison, plus leurs puissances d'agir s'accordent et s'amplifient.
La connaissance rationnelle n'est pas un bien exclusif : elle permet aux individus de coopérer utilement. Le développement de la puissance d'un être rationnel soutient directement celle de la collectivité.
5. Quelles limites, tensions ou risques cette philosophie permet-elle d’identifier dans la recherche du progrès ?
Prendre nos désirs pour des fins objectives et croire à une illusoire toute-puissance.
L'homme demeure une partie finie de la Nature, soumise à des forces extérieures supérieures. Le progrès ne conduit jamais à une maîtrise absolue du monde ou des affects.
6. Cette philosophie permet-elle de distinguer progrès technique et progrès humain ? Si oui, selon quels critères ?
Oui : le progrès technique multiplie les moyens, le progrès humain accroît notre capacité à comprendre et agir.
Par transposition contemporaine, une technologie n'est un progrès humain que si elle élève notre lucidité, notre autonomie rationnelle et notre capacité à agir de concert plutôt que de nous asservir à de nouveaux automatismes.