4. Nos questions sur : PROGRÈS (questions communes)
Que signifie « progresser » si l’on raisonne à partir de cette œuvre ?
Progresser signifie soumettre de plus en plus les rapports de force au droit.
Progresser signifie rapprocher les relations humaines d’un ordre où les rapports de force sont de plus en plus soumis au droit. Il ne s’agit pas de supprimer immédiatement les conflits, mais de construire des institutions capables de les contenir et de régler les différends autrement que par la violence.
Quels critères permettent de distinguer un progrès réel d’une simple évolution, transformation ou nouveauté ?
Une transformation constitue un progrès lorsqu’elle rend la coexistence des libertés plus conforme au droit et moins dépendante de l’arbitraire.
Une transformation devient un progrès si elle rend la coexistence des libertés plus conforme au droit et moins dépendante de l’arbitraire. Kant conduit à examiner la liberté juridiquement garantie, l’égalité devant la loi, la responsabilité de ceux qui décident et la possibilité de rendre publiquement défendables les principes politiques.
Une augmentation de puissance, d’efficacité ou de connaissance constitue-t-elle nécessairement un progrès ?
Non. La puissance n’est pas en elle-même un critère de progrès.
La puissance peut servir le droit comme la domination. Par interprétation, davantage de moyens ne devient un progrès humain que si leur usage reste compatible avec la liberté d’autrui.
Comment cette philosophie permet-elle d’articuler progrès individuel et progrès collectif ?
Le progrès articule la liberté individuelle avec un ordre juridique commun.
Le progrès collectif ne dépend pas uniquement de la vertu individuelle : les institutions peuvent organiser les comportements lorsque les intérêts divergent. Elles doivent cependant respecter les individus comme êtres libres et égaux. Le progrès articule ainsi liberté individuelle et ordre juridique commun.
Quelles limites, tensions ou risques cette philosophie permet-elle d’identifier dans la recherche du progrès ?
Elle invite à ne pas confondre paix et trêve, ordre et domination, efficacité et légitimité.
Cette philosophie permet d’identifier le risque de confondre la paix avec une trêve, l’ordre avec la domination ou l’efficacité avec la légitimité. Kant met aussi en tension l’idéal et le réalisable : imposer immédiatement un ordre parfait est aussi problématique que renoncer à tout idéal.
Cette philosophie permet-elle de distinguer progrès technique et progrès humain ? Si oui, selon quels critères ?
Kant ne développe pas ici de philosophie moderne de la technique, mais le progrès humain peut être évalué à partir du droit, de la liberté et de la coexistence.
Kant ne développe pas ici de philosophie moderne de la technique. Par transposition contemporaine, le progrès humain suppose que nos capacités s’inscrivent dans un ordre compatible avec le droit, la liberté et la coexistence d’autrui.