4. Nos questions sur : PROGRÈS (questions communes)
1. Que signifie « progresser » si l’on raisonne à partir de cette œuvre ?
Progresser signifie devenir plus capable de bien agir en vue d’une vie bonne et accomplie.
Ce n'est pas accumuler des instruments ou de la puissance opératoire, mais cultiver des dispositions stables (vertus) et exercer un discernement pratique orienté vers une fin humaine digne.
2. Quels critères permettent de distinguer un progrès réel d’une simple évolution, transformation ou nouveauté ?
La finalité humaine poursuivie, la stabilité dans la durée et la qualité des dispositions forgées.
L'œuvre dégage trois tests : vers quoi ce changement mène-t-il ? Résiste-t-il à l'épreuve du temps ? Nous rend-il meilleurs dans nos choix ? Sans cela, la nouveauté demeure une simple modification matérielle.
3. Une augmentation de puissance, d’efficacité ou de connaissance constitue-t-elle nécessairement un progrès ?
Non. L'habileté technique peut servir des desseins destructeurs si la prudence fait défaut.
Aristote distingue l'ingéniosité (capacité à atteindre efficacement n'importe quel but) de la prudence morale (juste appréciation de la fin). Être plus efficace ne rend pas plus juste.
4. Comment cette philosophie permet-elle d’articuler progrès individuel et progrès collectif ?
Les lois et pratiques collectives forment le caractère des individus, qui en retour nourrissent la cité.
Le caractère se façonne au sein d'institutions et de règles partagées. Une organisation collective n'est pas seulement un lieu de production, mais un cadre éducatif qui engendre des types particuliers de comportements.
5. Quelles limites, tensions ou risques cette philosophie permet-elle d’identifier dans la recherche du progrès ?
Assimiler plus à mieux, croire que savoir suffit à faire le bien, et chercher une mesure mathématique indue.
L'action humaine est contingente et refuse les modèles de calcul intégral. Vouloir tout rationaliser par une formule unique ignore la souplesse exigée par la juste mesure et la prudence.
6. Cette philosophie permet-elle de distinguer progrès technique et progrès humain ? Si oui, selon quels critères ?
Oui : la technique progresse par accumulation de procédés, l'humain par rectitude du jugement.
Les arts techniques perfectionnent leurs méthodes au fil des générations, mais le progrès humain dépend de la maîtrise de soi, des habitudes morales et de la sagesse pratique.